Le logement

Avec une densité de population estimée en 2014 à 21 066 habitants au km2, Paris fait face à une large pénurie de logement qui n’épargne pas le 16ème arrondissement. Le rapport exponentiel entre l’offre et la demande abouti à une vétusté accrue des logements proposés.

En conséquence, de nombreux Parisiens ayant habité le 16ème toute leur vie se voient contraints de quitter leur arrondissement, notamment après l’arrivée du premier enfant.

Cette difficulté touche particulièrement les jeunes actifs, les familles monoparentales et les personnes retraitées, soient autant de catégories que nous devons protéger et qui sont indispensables au développement et au maintien de l’esprit du 16ème arrondissement.

 

  1. 1) Augmenter le nombre de logements sociaux proposés aux familles de la classe moyenne

Les bailleurs sociaux parisiens disposent d’un parc de 220.000 logements sociaux familiaux à Paris, mais seuls 11 % d’entre eux sont plus spécifiquement destinés aux classes moyennes : c’est la catégorie dite des « PLS, prêts locatifs sociaux ».

Depuis 2014, la municipalité sortante a largement privilégié certains arrondissements en création de PLS et ce, au détriment des autres arrondissements comme le 16ème. Pour prendre l’exemple concret de la Caserne Saint-Didier, sur 199 nouveaux logements, seuls 54 sont des logements sociaux familiaux et seuls 16 sont des PLS à destination de la classe moyenne.  Fidèle à mes engagements, je m’attacherai à augmenter l’offre de PLS du 16ème arrondissement.

 

  1. 2) Offrir des logements aux étudiants, jeunes couples, aux familles monoparentales et aux personnes seules

A Paris, 21 % des demandeurs de logement social sont des familles monoparentales et 50 % sont des personnes seules. De même, l’installation de jeunes couples ou d’étudiants dans Paris est souvent freinée par leurs difficultés à trouver un logement abordable et de taille adéquate. Face à cette demande, le nombre de petites surfaces souffre d’un déficit flagrant, puisqu’on ne compte que 14 % de logements avec une pièce et que de 28 % de logements avec deux pièces. Il faut rééquilibrer cette offre, afin de la mettre en phase avec l’évolution des modes de vie du 16ème arrondissement.

 

  1. 3) Mettre en cohérence les attributions de logements sociaux avec les situations de vie

Sur près de 250.000 demandeurs de logement social, 55 % sont Parisiens. Dans l’attribution des logements sociaux, un effort particulier doit être consenti en leur direction, dès lors que leur vie est établie dans le 16ème arrondissement, qu’ils y ont des enfants scolarisés et leur univers de vie. De même, les demandeurs justifiant d’une activité professionnelle dans le 16ème (dont les agents de la municipalité, les policiers, y compris municipaux, les pompiers…) doivent pouvoir faire l’objet d’un effort comparable. Dans ce dernier cas, je m’assurerai que la politique d’attribution fasse écho à l’objectif de réduction des temps de déplacements et de pollution atmosphérique.

 

  1. 4) Adapter le logement aux personnes en situation de handicap

Le Gouvernement a fait voter en 2018 la loi dite « ELAN » abaissant à 20 % la part de logements accessibles aux personnes en situation de handicap dans les constructions neuves. À Paris, la norme est toujours de 100 % de logements accessibles. Cette norme sera maintenue dans le 16ème arrondissement pour permettre aux personnes à mobilité réduite de trouver un habitat adapté à un prix raisonnable.

 

  1. 5) Adapter le logement au grand âge et à la perte d’autonomie

Les personnes de plus de 65 ans représentent, aujourd’hui, 28% des résidents majeurs du 16ème arrondissement. Depuis 2008, leur nombre augmente plus vite à Paris qu’en France. Le vieillissement doit donc être pris en compte dans la production et la rénovation des logements. En ce qu’elles permettent une plus grande autonomie dans un environnement sécurisé, les aides à l’adaptation pour un logement connecté sont à favoriser et à faire connaitre plus largement en vue de favoriser une  véritable politique de « soutien ou accompagnement » à domicile (détecteurs de chute, systèmes de télésurveillance…).

 

  1. 6) Garantir le logement aux victimes de violences conjugales

Le relogement des victimes de violences conjugales est l’un de mes engagements prioritaires. En 2018, lors de l’examen de la loi dite « ELAN », j’ai d’ailleurs déposé un amendement adopté à l’unanimité par la Sénat sur la nécessité de garantir un accompagnement économique et social des victimes de violences conjugales relogées dans des logements sociaux. Cette disposition, comme tous les engagements pris dans le cadre du Grenelle contre les violences intrafamiliales, n’a de sens que si l’offre de logement permet l’accueil prioritaire de ces personnes. Je m’engage à garantir cet accueil dans le 16ème arrondissement.

 

  1. 7) Sécuriser les grands ensembles immobiliers

De nombreux locataires du parc social de l’arrondissement se plaignent de la dégradation de leur cadre de vie, de leur tranquillité et de leur sécurité (deals, nuisances nocturnes, incivilités…). Ces grands ensembles immobiliers ne seront pas oubliés au regard de l’impératif de sécurité : le doublement du nombre de caméras de vidéo-protection permettra un déploiement sur ces zones pour mieux y prévenir la délinquance, tout en facilitant l’élucidation des délits. J’inciterai également les résidences privées à s’en doter pour les mêmes raisons.

 

  • 8) Respecter le charme et l’identité des quartiers

La politique du logement à marche forcée de la municipalité sortante a conduit à de nombreux excès, qui sont autant d’atteintes au bien-vivre dans nos quartiers : surconcentration de logements sociaux dans certaines parties de l’arrondissement avec des effets induits de petite délinquance (Porte de Saint-Cloud), barres d’immeubles rappelant sinistrement celles de banlieue dans les années 60 (Porte d’Auteuil), aberration de la construction de logements sociaux au-dessus d’une école (école Erlanger)… En rupture avec ces excès, je me fixe pour principe de construire, ou rénover, dans le respect du charme et de l’identité des quartiers.

 

  1. 9) Évaluer les effets de l’encadrement des loyers

Depuis le 1er juillet, sur décision conjointe de la mairie de Paris et du Gouvernement, l’encadrement des loyers s’applique de nouveau dans 80 quartiers de la capitale. Or, cette pratique est un faux remède à de vrais maux. Elle entrave l’accès à la propriété en pénalisant les classes moyennes et les petits propriétaires envisageant d’investir dans l’immobilier à l’aide d’emprunts bancaires que cet encadrement les empêchera de rembourser. Mon objectif est de permettre aux familles du 16ème de rester vivre et d’investir dans leur arrondissement.

 

  1. 10) Encourager lhabitat intergénérationnel via la colocation

La loi dite « ELAN » a récemment élargi les possibilités de colocation dans le parc social. Désormais une personne de plus de 60 ans peut louer, ou sous-louer, une partie du logement qu’elle occupe à un jeune occupant de moins de 30 ans (y compris un étudiant). Extrêmement favorable à cette mixité intergénérationnelle, j’encouragerai ces initiatives, dans le 16ème arrondissement, en informant largement sur cette nouvelle possibilité relevant d’une logique « gagnant – gagnant ». Pour les personnes âgées, l’habitat intergénérationnel est un moyen de rompre l’isolement, tandis que pour les jeunes, il facilite l’accès à un logement à un cout modéré.

 

  1. 11) Lutter contre la fraude

L’attribution d’un logement social est à la fois un geste fort de solidarité de la collectivité en direction du demandeur, mais aussi un contrat de confiance. Raisons pour lesquelles les comportements de fraude, au travers de la sous-location, notamment saisonnière, sont d’autant plus inacceptables. Or, ces comportements tendent à se multiplier, notamment sous l’effet des locations saisonnières illégales via des plateformes. Le journal « Le Parisien » publiait d’ailleurs, le 22 juillet dernier, une enquête révélant la mise en location, sur une plateforme en ligne, d’un logement social situé boulevard Suchet pour 225 euros la nuit. Cette pratique est intolérable et doit être fermement condamnée.

 

  1. 12) Plus de contrôles

Rompant avec le laxisme de l’équipe municipale en place de Mme Hidalgo, je demanderai aux bailleurs sociaux des contrôles considérablement renforcés dans ce domaine et l’application de sanctions à la hauteur du comportement incriminé (résiliation du bail).

 

  1. 13) Mieux superviser les locations de courte durée pour limiter les nuisances

Les locations de courte durée par l’intermédiaire des plateformes en ligne sont en plein un essor dans l’ensemble de la capitale et particulièrement dans le 16ème arrondissement. Un cadre plus cohérent devient impératif : renforcement des contrôles sur cette activité (par des effectifs en adéquation avec le nombre de locations concernées) et mise en place d’une délégation à la mairie chargée d’apporter une réponse aux différentes nuisances, notamment sonores.